![]() |
Avertissement: j'écris ce commentaire quelques années après notre traversée de l'Inde dans une auto-caravane. J'invite le lecteur à comprendre derrière les impressions journalières pas toujours raisonnables et pondérées, les frustrations d'un voyageur soumis aux difficultés quotidiennes et imprévisibles d'un voyage effectué dans des conditions souvent irrationnelles. Être sorti vivant, avoir ramené le véhicule à la frontière, ne pas avoir cessé d'aimer ce pays étonnant, conserver un souvenir impérissable des peuples qui l'habite, voila ma récompense et celle de Marie ma compagne. |


23 mars 1969, Ajanta.
. .![]() Le site d'Ajanta est constitué de 25 cavernes, des monastères-sanctuaires, ornés de fresques, de peintures, de sculptures et de décoration combinées à l'arthitecture, c'est un ensemble unique en Inde. |
. . .![]() |
24 mars 1969, Ellora.
Nous visitons Ellora avant la tombée du jour. Le temple de KaïSala, littéralement sorti de la montagne, est surement la chose la plus inouie que nous ayons vue. Nous passons la nuit sous les arbres. Les singes enjoués nous tiendront éveillés toute la nuit, ils auront chié sur le capot de l'auto avec un plaisir évident se vengeant ainsi sur nous d'avoir envahi les frontières de leur demeure face aux merveilleuses grottes d'Ellora.
. . . .![]() |
. . .![]() Le temple de Kailasa, la résidence de montagne de Siva. C'est la plus grande structure monolithique au monde, taillée dans un seul bloc. Tout y est sculpté et travaillé en détal comme si c'était un objet miniature. |
25 mars 1969, Bombay.
Nous entrons dans Bombay à vive allure, la nuit. Nous roulons pendant des heures, dans ce que nous croyons être le centre de Bombay, mais qui s'avère être la banlieue, à la recherche d'un gite pour la nuit. Sur le terrain d'un club privé, nous sommes littéralement refoulés. Après avoir tourné en rond pendant 2 heures, nous atteignons le centre de Bombay par la route côtière. Nous coucherons sur la jettée, là où la brise de mer est des plus caressante.
26 mars 1969, Bombay.
![]() |
Nous pouvons apercevoir au loin, cette étrange montagne le Malabar Hill et ses Tours du silence, ces mystérieux cimetières parsi. Les dépouilles y sont laissées là à tout vent, comme nourriture "spirituelle" aux oiseaux carnassiers, les vautours ces puissants et intrépides oiseaux que nous avons vu déjà dévorer des cadavres sur le bord des routes. |
27 mars 1969, Bombay.
Notre prochaine expérience à lieu au garage où nous passons une journée entière à surveiller la vérification de l'auto. L'incompétence des indiens me pousse à accomplir une grande partie du travail moi-même. Le changement des armortisseurs s'opère avec lenteur. Je dois quitter le soir, en laissant un dépot de 420 rupies ce qui me semble exhorbitant pour le peu de travail accompli. Le lendemain, nous obtenons des éclaircissements, après des détours insipides. Pour des amortisseurs de 272 rupees, on nous charge un surplus de 50 rupees, soi-disant de "handling". Après de multiples discussions des engueulades, nous aboutissons chez le gérant et obtenons un rempboursement.
27 mars 1969, Bombay.
Sur notre aire de stationnement sur le front de mer à l'entrée de Colaba, nous faisons la connaissance d'une jolie fille de culture parsi. Mystérieuse jeune fille de famille aisée qui nous entretiendra durant quelques soirées en nous recontant des détails mystérieux de Bombay. C'est une femme moderne, volubile, fière qui transforme l'idée que nous nous faisons de la femme indienne, soumise et timide.
28 mars 1969, Bombay.
Cet après-midi là, nous allons à la plage de Mahim Baysur la banlieue nord-ouest de Bombay. Après avoir traversé les sombres bidonvilles qui séparent la route de la mer, nous apparaît soudainement la mer et la plage dans toute sa splendeur. Nous y rencontrons une faune étonnante y compris un groupe de femmes hindous qui viennent déverser directement à la mer, leurs corbeilles à papier. Les papiers qui ne peuvent être avalés par la mer s'incrustent à la plage comme des signes permanents d'une étrange coutume religieuse qui leur interdit de les bruler.
30 mars 1969, Elephanta.
. .![]() |
31 mars 1969, Bombay.
Les affaires nous retiennent plusieurs jours à Bombay et nous n'aurons que peu de temps pour visiter. L'argent que nous devons recevoir de Maurice nous cause nos premiers soucis. Contrairement à ce que nous croyions, il ne se trouve pas à l'American Express mais à la Central Bank of India. Les conversions "incompréhensibles" en rupees puis en chèques de voyage nous coûterons beaucoup de frais. Nous ne savons qui accuser dans cette transaction, la banque montréalaise, Maurice ou l'American Express. Nous devons nous fâcher un peu, fulminer, donner du point pour obtenir finalement nos chèques de la banque centrale, sans frais supplémentaires. Ce n'est pas la première fois que nous avons de tels pépins dans nos transferts d'argent, nous ne savons plus quel système employer. Pourtant, nous avions expliqué en détail, les procédures à suivre aux employés de la banque montréalaise.
1 avril 1969, Bombay.
Nous apercevons tous les matins, ces jeunes gens affairés à manipuler des petits contenants en métal, numérotés, ils s'empilent et disparaissent individuellement pour des destinations inconnues. Sur l'explication de notre amie Parsi, nous découvrons que ce sont les "lunchs" des employés préparés par leur épouse, ils s'accumulent ainsi dans un centre de "dispatching". Savemment numérotés, ils aboutissent, à l'heure prévue, sur la table de leur destinataire, sans qu'il n'y ait eu la moindre erreur de livraison. Un exemple incroyable d'ingéniosité et de gestion.
2 avril 1969, Savantvadi
Coucher libre à Savantvadi avant notre arrivée à Goa.
3 avril 1969, Goa et Calangute.
Notre entrée à Goa était planifiée et pleine d'espoir, une occasion à notre avis de nous retremper dans la civilisation occidentale l'endroit ayant été longtemps un comptoir portugais. Les signes de la présence coloniale sont partout évidents, différents de ceux de la présence anglaise ailleurs aux Indes parceque plus concentrés. Nous sommes certains d'y rencontrer des amis, là-bas sur la plage, le rendez-vous, avec Katmandu, des jeunes occidentaux à la recherche d'une certaine et illusoire évasion. Nous constatons que cette évasion n'est qu'artificielle et qu'elle pourrait se passer dans une chambre sordide de Manhatan.
Goa est et restera longtemps le bordel des hippies.
4 avril 1969, la plage de Colva.
Nous atteingnons finalement la plage de Colva où se tiennent les "bums internationaux". Ils sont quelques-un évachés sur la plage, à fumer, à ne rien faire.
5 avril 1969, Halebid et Belur.
Au sortir de Goa, nous prenons la route de l'intérieur en direction d'Halebid. À Halebid, nous visitions le temple Hoysala de la dynastie du même nom. C'est une architecture trapue et l'extérieur comporte une décoration élaborée.
. .![]() La pierre est finement ciselée en frises, des scènes d'épopées religieuses, qui reflètent en même temps la vie de l'époque. Une fresque représente des "apsarasis" aux six bras, les filles du Ciel, revêtues de bijoux, de bracelets, assises ou debout en des postures gracieuses. |
6 avril 1969, Mysore.
Mysore est la ville des palais et des splendeurs orientales. C'est une ville de couleur ocre avec la Palais des Maharajas, le plus grand de l'Inde, la synthnèse des styles hindou et musulman. Durant les fêtes du Dasara, il est illuminé ce qui en fait le château des mille et une nuits.
.![]() |
Le square de la statue, face au Palais, avec l'effigie en marbre du prédécesseur du Maharaja. |
. .![]() |
Sur la colline de Chamundi, le taureau Nandi, décoré, monte la garde. |
| Parmi les sites d'intéret, le Fort St-George berceau de Madras avec l'arrivée des britanniques, le St-Mary's Church, le pont Napier ,la cathédrale catholique Old Son Thome, référence à Saint-Thomas qui y aurait été martyrisé, le phare de 49 mètres, le Victoria institute, siège mondial de la Société théosophique situé dans le quartier d'Adyar. |
|
![]() ![]() ![]() |
![]() |
<![]() |
Rameswar est un site de pélerinage pour rendre hommage à Rama, le héros du Ramayana qui vint ici chercher sa femme Sita. Rama est l'une des neuf réincarnations de Vichnou. Le temple Ramanathaswamy construit au lieu dit ou Rama demanda pardon à Shiva pour avoir tué le lion à dix têtes, roi de Lanka (Sri Lanka), c'est le lieu de rencontre de la Baie du Bangale et l'ocian indien. |
.![]() |
.![]() |
![]() |
Ceylan: qui a aujourd'hui retrouvé son ancien nom si joli de Sri Lanka, qui signifie "Terre splendide". Et il s'agit bien de cela, pays diversifié, île splendide, tellement près de l'Inde et en même temps si différente. Le détail du périple au Ceylan est illustré aux pages suivantes: le jardin de l'Eden, le Sri Lanka. |
26 avril 1969, Talaimahnar au Sri Lanka vers Ramaweswar en Inde.
C'est le retour en Inde. Nous sommes sur le quai ferroviaire de Talaimahnar. Notre véhicule est hissé directement sur le cargo pour la courte traversée du Adam's Bridge avant d'être redéposé sur la plage de Rameswar.
27 avril 1969, Madurai.
. . . .![]() |
![]() |
.![]() |
. .![]() |
![]() |
1 mai 1969, Ootacamund.
Partant de Mettuppalaiyam nous grimpons jusqu'à Ootacamund et la vallée de Kaity, dans la station des monts Kotagir avant de redescendre sur Gudalur. La route monte à trevers les ghâts à plus de 2100 mètres d'altitude à travers plantations et forêts dans un climat étrangement agréable.
Avant d'arriver dans la région des montagnes, je prédisais à Marie que cette nuit, nous aurions froid. Elle était incrédule ne sachant pas que je connaissais l'existence de montagnes élevées. Après ces quelques semaines dans la chaleur intense de l'Inde, comment imaginer qu'il pourrait quelque part faire froid.
Cooty tel que prononcé par les Anglais qui dirigeaient alors les Indes à partir de ce lieu au climat tempéré agrémenté de golf et autres activités telles que la chasse. Nous sommes dans les montagnes Nilgiri.
Nous sommes installés dans notre camping-car, sur un terrain vague, il fait froid, nous frisonnons et nous décidons d'aller manger dans un restaurant chinois, pour nous réchauffer.
2 mai 1969, Mysore.
Ville jardin. Nous apercevons la colline dite la "déesse Chamundi". La ville est traversée par de larges avenues et des ronds points au centre desquels trônent des monuments. Elles sont bordées de palais dont le palais du Maharaja, le fort et le monument du Maharaja sur son "howdah", un pavillon d'or. Le "Bannimantap Maidan".
3 mai 1969, Bangalore.
Bangalore est un vaste jardin, des arbres centenaires, des pièces d'eau et des milliers de lotus flottant sur les étangs.
Bangalore est la capitale de l'est. Elles est onstruite autour du lac artificiel le Chawraj Sagar.
La colline de Nandi à peu de distance de la ville est un lieu de villégiature d'été à 1478 mètres d'altitudes.
4 au 6 mai 1969, Mahabalipuram.
Mahabalipuram est le port de mer d'ou sont partis les découvreurs hindous qui ont peuplé le sud-est asiatique. Il faisait partie de l'empire Pallavar dont la capitale était Kanchipuram. Les pagodes ont la forme de pyramides dont les murs sont ornés de sculptures, des rathas, décrivant la mythologiee hindoue.
.![]() |
Il reste de cette époque, des grottes sculptées et le fameux temple du rivage qui baigne ses pieds dans l'eau. |
![]() |
![]() |
Sur les rochers environnants, plusieurs bas-reliefs dont le plus célèbre est celui représentant la "pénitence d'Arjouna". Sur le Mahishasura Mandapan est décrite la lutte de la déesse Durga, à cheval sur un lion, contre le démon buffle Mahishasura. |
. .![]() |
10 au 19 mai 1969, bateau vers la Malaisie.
![]() |
16 mai 1969, Penang.
Un court arrêt à Penang nous permet un court apercu de cette île contigue à la Malaisie et qui meuble nos esprits d'aventures mystérieuses. Une île presque chinoise, les affiches sont en calligraphies chinoises, une ambiance époustoufflante qui nous ramène dans un autre monde. Nous visitons un étrange temple chinois laborieusement décoré. Puis nous rejoignons le bateau pour prendre la direction de Singapore que nous atteignons au matin du 19 mai 1969.
Marco Polo ou le voyage imaginaire (Voyages et photos de l'auteur, 1969) © 1999 Jean-Pierre Lapointe