Les mystères de l'Inde. L'Inde du Sud.

frontière Pakistan-Inde Avertissement: j'écris ce commentaire quelques années après notre traversée de l'Inde dans une auto-caravane. J'invite le lecteur à comprendre derrière les impressions journalières pas toujours raisonnables et pondérées, les frustrations d'un voyageur soumis aux difficultés quotidiennes et imprévisibles d'un voyage effectué dans des conditions souvent irrationnelles. Être sorti vivant, avoir ramené le véhicule à la frontière, ne pas avoir cessé d'aimer ce pays étonnant, conserver un souvenir impérissable des peuples qui l'habite, voila ma récompense et celle de Marie ma compagne.


(pour profiter au maximum du voyage, attendez patiemment l'éclosion des images et de la trame musicale)

Carte montrant notre itinéraire à travers l'Inde, le Népal et le Sri Lanka (à ce moment appelé Ceylan): entrée par Ferozopore le 9 février 1969, sortie par Madras en direction de la Malaisie le 10 mai 1969.

itinéraire et villes visitées de l'Inde
22 mars 1969, Broach.
Ce fut un mauvais départ. Nous sommes retardés par divers obstacles sur la route. Voies ferrées, ponts, accidents et camions stationnés en plein centre de la voie. Et pourtant, je voudrais être à Ajanta ce soir. Une section de la route de Dhulia n'était pas prévue et comme il faut s'y attendre en Inde, sans indications routières. Nous passons de la route goudronnée à la piste. La route est à cheval sur 2 frontières et personne ne l'entretient. Ce qu'il y a de plus mauvais comme piste de terre, les ruisseaux qui innondent partiellement la voie, nous ferons un voyage cauchemardesque et pour comble, nous crevons une autre fois. Une pierre vient y pénétrer littéralment comme si je n'avais pas assez de ramasser tous les clous du pays. Nous arrivons à Ajanta à la fermeture des grottes et devront, de toute façon attendre à demain. Nous avons roulé à grande vitesse inutilement et nos nerfs en souffriront que plus.

23 mars 1969, Ajanta.
Ajanta.Ajanta.Ajanta
Le site d'Ajanta est constitué de 25 cavernes, des monastères-sanctuaires, ornés de fresques, de peintures, de sculptures et de décoration combinées à l'arthitecture, c'est un ensemble unique en Inde.

Visite des merveilleuses grottes d'Ajanta. Creusées dans le roc solide, ces grottes représentent les religions boudhiste, hindouiste et jain. Parmi ces grottes, le temple hindou de Koilasa excavé d'un seul bloc et minutieusement sculpté, des pilliers massifs, des colonnades, des galeries, des décorations multiples, des sculptures énormes, l'une des merveilles du monde qui a nécessité un siècle de labeur.
Ajanta.Ajanta.Ajanta.Ajanta

Nous reprenons la route à 11 heures. Nous nous arrêtons pour manger avant Aurangabad et je constate une autre crevaison. Mon second pneu neuf est fendillé, et me revoilà dans la situation d'avant Kabul. Il ne me reste que 5 pneus dont l'espérance de vie est mince. Je ne peux décrire mon état d'esprit. Je crois bien qu'il s'agit de ma suspension, la charge sur les pneus est trop brusque. A Aurangabad où je fais réparer le pneu, je constate avoir oublié mes écrous et l'enjoliveur avant sur la route. Je retourne sur place pour en constater la disparition. Le sort semble s'être littéralement jetté sur nous. J'ai des idées d'écourter le voyage. Hier, j'abandonnais le Ceylan pour entrer dans l'argent que j'investissais dans les pneus. Aujourd'hui, je veux tout abandonner et retourner en direction de l'Europe. Ce pays est si difficile à vivre et à supporter qu'il peut vous pousser à des décisions irrationnelles, comme faire demi-tour vers l'Europe, un voyage aussi périlleux, long et difficile que de continuer en direction du Japon.
Après une nuit de sommeil, nos pensées rationnelles referont surface et nous reprendrons notre itinéraire tel que planifié.

24 mars 1969, Ellora.
Nous visitons Ellora avant la tombée du jour. Le temple de KaïSala, littéralement sorti de la montagne, est surement la chose la plus inouie que nous ayons vue. Nous passons la nuit sous les arbres. Les singes enjoués nous tiendront éveillés toute la nuit, ils auront chié sur le capot de l'auto avec un plaisir évident se vengeant ainsi sur nous d'avoir envahi les frontières de leur demeure face aux merveilleuses grottes d'Ellora.
Ellora.Ellora.Ellora.Ellora.Ellora

Ellora.Ellora.Ellora.Ellora
Le temple de Kailasa, la résidence de montagne de Siva. C'est la plus grande structure monolithique au monde, taillée dans un seul bloc. Tout y est sculpté et travaillé en détal comme si c'était un objet miniature.
Après la visite des grottes boudistes, nous prenons la direction de Bombay. Les affiches sont bien en vue, grandes et bilingues. La route est belle mais bientôt, tout redeviendra dans la normalité des choses en Inde. A mesure que nous entrons dans les campagnes, les affiches disparaissent, la route devient mauvaise pour presque disparaître. Nous atteindrons la route nationale à l'aide de la boussole. Sur celle-ci, je fais ma crevaison journalière. Cette fois-ci, un clou de 4 pouces. Je suis trop abasourdi pour me fâcher. La crevaison est devenue partie du menu quotidien. Il faudra bien que je vive avec. La temptation est grande d'engueuler les quelques indiens qui s'arrêtent pour me prêter secours, mais il est si rare que leur attitude soit aussi sincère et saisissable que je leur offre le plus falsifié de mes sourires de gratitude.

25 mars 1969, Bombay.
Nous entrons dans Bombay à vive allure, la nuit. Nous roulons pendant des heures, dans ce que nous croyons être le centre de Bombay, mais qui s'avère être la banlieue, à la recherche d'un gite pour la nuit. Sur le terrain d'un club privé, nous sommes littéralement refoulés. Après avoir tourné en rond pendant 2 heures, nous atteignons le centre de Bombay par la route côtière. Nous coucherons sur la jettée, là où la brise de mer est des plus caressante.

26 mars 1969, Bombay.
Bombay Nous pouvons apercevoir au loin, cette étrange montagne le Malabar Hill et ses Tours du silence, ces mystérieux cimetières parsi. Les dépouilles y sont laissées là à tout vent, comme nourriture "spirituelle" aux oiseaux carnassiers, les vautours ces puissants et intrépides oiseaux que nous avons vu déjà dévorer des cadavres sur le bord des routes.

Nous sommes garés en bord de mer non loin de la fameuse "porte de l'Inde", monument construit par les colonisateur anglais symbolisant leur entrée en Inde par la mer. Nous apercevons la ville sise le long du splendide bord de mer le "Marine drive" ou s'égaient les enfants et les femmes si élégantes dans leur "sari". Le Fort area constitue le centre commercial de la ville alors que les quartiers résidentiels s'étalent dans les hauteurs rocheuses, les collines de Comballa et de Malabar. C'est dans ces collines que se trouvent les célèbres jardins suspendus et la tour du silence des Parsis.

27 mars 1969, Bombay.
Notre prochaine expérience à lieu au garage où nous passons une journée entière à surveiller la vérification de l'auto. L'incompétence des indiens me pousse à accomplir une grande partie du travail moi-même. Le changement des armortisseurs s'opère avec lenteur. Je dois quitter le soir, en laissant un dépot de 420 rupies ce qui me semble exhorbitant pour le peu de travail accompli. Le lendemain, nous obtenons des éclaircissements, après des détours insipides. Pour des amortisseurs de 272 rupees, on nous charge un surplus de 50 rupees, soi-disant de "handling". Après de multiples discussions des engueulades, nous aboutissons chez le gérant et obtenons un rempboursement.

27 mars 1969, Bombay.
Sur notre aire de stationnement sur le front de mer à l'entrée de Colaba, nous faisons la connaissance d'une jolie fille de culture parsi. Mystérieuse jeune fille de famille aisée qui nous entretiendra durant quelques soirées en nous recontant des détails mystérieux de Bombay. C'est une femme moderne, volubile, fière qui transforme l'idée que nous nous faisons de la femme indienne, soumise et timide.

28 mars 1969, Bombay.
Cet après-midi là, nous allons à la plage de Mahim Baysur la banlieue nord-ouest de Bombay. Après avoir traversé les sombres bidonvilles qui séparent la route de la mer, nous apparaît soudainement la mer et la plage dans toute sa splendeur. Nous y rencontrons une faune étonnante y compris un groupe de femmes hindous qui viennent déverser directement à la mer, leurs corbeilles à papier. Les papiers qui ne peuvent être avalés par la mer s'incrustent à la plage comme des signes permanents d'une étrange coutume religieuse qui leur interdit de les bruler.

30 mars 1969, Elephanta.
Elephanta.Elephanta.Elephanta

Nous prenons le ferry en direction de l'île d'Elephanta. Nous y admirons les cinq cavernes ornées de gigantesques divinités sculptées et des bas-reliefs. Entre autre statue, celle de Maheshamurti ou Trimurti dont la tête comporte trois faces, un buste de cinq mètre de hauteur, sculpté dans un seul bloc. Les trois têtes représentent les trois aspects du Dieu Shiva, le Créateur, le Protecteur et le Destructeur.

31 mars 1969, Bombay.
Les affaires nous retiennent plusieurs jours à Bombay et nous n'aurons que peu de temps pour visiter. L'argent que nous devons recevoir de Maurice nous cause nos premiers soucis. Contrairement à ce que nous croyions, il ne se trouve pas à l'American Express mais à la Central Bank of India. Les conversions "incompréhensibles" en rupees puis en chèques de voyage nous coûterons beaucoup de frais. Nous ne savons qui accuser dans cette transaction, la banque montréalaise, Maurice ou l'American Express. Nous devons nous fâcher un peu, fulminer, donner du point pour obtenir finalement nos chèques de la banque centrale, sans frais supplémentaires. Ce n'est pas la première fois que nous avons de tels pépins dans nos transferts d'argent, nous ne savons plus quel système employer. Pourtant, nous avions expliqué en détail, les procédures à suivre aux employés de la banque montréalaise.

1 avril 1969, Bombay.
Nous apercevons tous les matins, ces jeunes gens affairés à manipuler des petits contenants en métal, numérotés, ils s'empilent et disparaissent individuellement pour des destinations inconnues. Sur l'explication de notre amie Parsi, nous découvrons que ce sont les "lunchs" des employés préparés par leur épouse, ils s'accumulent ainsi dans un centre de "dispatching". Savemment numérotés, ils aboutissent, à l'heure prévue, sur la table de leur destinataire, sans qu'il n'y ait eu la moindre erreur de livraison. Un exemple incroyable d'ingéniosité et de gestion.

2 avril 1969, Savantvadi
Coucher libre à Savantvadi avant notre arrivée à Goa.

3 avril 1969, Goa et Calangute.
Notre entrée à Goa était planifiée et pleine d'espoir, une occasion à notre avis de nous retremper dans la civilisation occidentale l'endroit ayant été longtemps un comptoir portugais. Les signes de la présence coloniale sont partout évidents, différents de ceux de la présence anglaise ailleurs aux Indes parceque plus concentrés. Nous sommes certains d'y rencontrer des amis, là-bas sur la plage, le rendez-vous, avec Katmandu, des jeunes occidentaux à la recherche d'une certaine et illusoire évasion. Nous constatons que cette évasion n'est qu'artificielle et qu'elle pourrait se passer dans une chambre sordide de Manhatan.
Goa est et restera longtemps le bordel des hippies.

4 avril 1969, la plage de Colva.
Nous atteingnons finalement la plage de Colva où se tiennent les "bums internationaux". Ils sont quelques-un évachés sur la plage, à fumer, à ne rien faire.

5 avril 1969, Halebid et Belur.
Au sortir de Goa, nous prenons la route de l'intérieur en direction d'Halebid. À Halebid, nous visitions le temple Hoysala de la dynastie du même nom. C'est une architecture trapue et l'extérieur comporte une décoration élaborée.
Halebid.Halebid.Halebid
La pierre est finement ciselée en frises, des scènes d'épopées religieuses, qui reflètent en même temps la vie de l'époque. Une fresque représente des "apsarasis" aux six bras, les filles du Ciel, revêtues de bijoux, de bracelets, assises ou debout en des postures gracieuses.

6 avril 1969, Mysore.
Mysore est la ville des palais et des splendeurs orientales. C'est une ville de couleur ocre avec la Palais des Maharajas, le plus grand de l'Inde, la synthnèse des styles hindou et musulman. Durant les fêtes du Dasara, il est illuminé ce qui en fait le château des mille et une nuits.
Mysore.Mysore Le square de la statue, face au Palais, avec l'effigie en marbre du prédécesseur du Maharaja.

Mysore.Mysore.Mysore Sur la colline de Chamundi, le taureau Nandi, décoré, monte la garde.


7 avril 1969, Madras.
Madras est bordée par la mer. Une splendide promenade donne sur la mer ou s'égaie la population locale.
Madras possède l'une des plus belles plages du monde, la plage de Marina. On peut y voir avec plaisir les femmes Tamoul dans leur démarche d'une grande beauté. Il n'est pas recommandé de se baigner dans les eaux de la mer du Bengale infestés qu'elles sont de requins.
Parmi les sites d'intéret, le Fort St-George berceau de Madras avec l'arrivée des britanniques, le St-Mary's Church, le pont Napier ,la cathédrale catholique Old Son Thome, référence à Saint-Thomas qui y aurait été martyrisé, le phare de 49 mètres, le Victoria institute, siège mondial de la Société théosophique situé dans le quartier d'Adyar.

Madras est le site de la fameuse danse Bharata Natya, exécutée par les jeunes filles, elles consistent en des mouvements de toutes les parties du corps en des mouvements rendus difficiles par leur tension extrême.
Bombay


Mylapore, non loin de la ville, fut le séjour de Tiruwallavar, l'auteur du Kural, l'évangile tamoul.

8 avril 1969, Pondichery.
Nous étions anxieux d'entrer dans Pondichery, ville coloniale française et aussi la ville des ashrams. L'architecture nous rappelle les colonies françaises ses cafés-terrasses que nous découvrons pour la première fois en Inde. La plage est magnifique et cachée derrière une clôture blanche. Toute la ville baigne dans la sérénité et le calme, nous entendons le bruit des vagues en visitant les lieux et en découvrant le palais du gouverneur, la statue de Jeanne d'Arc. C'est en ces lieux que s'est retiré le grand philosope Sri Aurobindo. Un ashram porte d'ailleurs son nom ou on y enseigne ses préceptes "sachidananda" ou l'"esprit absolu". Une ville étrange est en construction sur le site de l'ashram.
Nous passons la nuit campés sur la plage et comme il fait chaud, la portière ouverte à tout venant.


9 avril Tanjore et Madurai.
TanjoreTanjoreTanjore
Tanjore, le plus grand temple de l'Inde. Tanjore est l'ancienne capitale des Chola qui régnèrent sur le sud. Le temple se compose d'une pyramide haute de 60 mètres d'ou on a une vue sur l'ensemble. Pour contempler, nous suivons le guide, le long de cet immense escalier en colomaçon, pieds nus dans la fiante des chauve-souris, nous atteignons finalement le ciel pour contempler la terre à nos pieds. Dans le temple, nous faisons connaissance avec Nandi, cet immense taureau scultpé dans le granit noir, il sert de monture au Dieu Shiva.
Tanjore



10 avril 1969, Rameswar.
<Rameswar Rameswar est un site de pélerinage pour rendre hommage à Rama, le héros du Ramayana qui vint ici chercher sa femme Sita. Rama est l'une des neuf réincarnations de Vichnou. Le temple Ramanathaswamy construit au lieu dit ou Rama demanda pardon à Shiva pour avoir tué le lion à dix têtes, roi de Lanka (Sri Lanka), c'est le lieu de rencontre de la Baie du Bangale et l'ocian indien.

Rameswar.Rameswar
Nous sommes arrivée au bout de la route, au Sud du Sud de l'Inde, en route pour le Ceylan. Après de difficiles négociations, il est requis d'installer les 2 camping-cars sur le train pour effectuer la courte distance entre le continent et l'ile de Ramewaran, séparée du continent par un pont ferroviaire. Sur l'ile, nous roulons jusqu'à la pointe de l'ile, le Adam's Bridge, long de 20 kilomètres. Les autos doivent être hissées sur des chalands pour être transbordées sur le navire qui est en rade à peu de distance de la plage. Nous louons des porte-faix qui doivent trainer les véhicules sur le sable mouvant de la plage pour ensuite les hisser laborieusement sur les fragiles esquifs.
Notre angoisse n'a cessé jusqu'à ce que les véhicules aboutissent sur le pont du navire, après un tel tranbordement qui aurait pu les voir sombrer dans la mer. Nous en sommes quitte pour des frais aux autorités ferroviaires, portuaires et de navigation en plus des frais aus porte-faix et "backchich" divers. Une aventure pénible mais inoubliable.

Combien il est difficile d'attendre le paradis qui, ici, a nom Lanka!
Rameswar.Rameswar


10 avril au 25 avril 1969, Ceylan.
Ceylan: qui a aujourd'hui retrouvé son ancien nom si joli de Sri Lanka, qui signifie "Terre splendide". Et il s'agit bien de cela, pays diversifié, île splendide, tellement près de l'Inde et en même temps si différente.

Le détail du périple au Ceylan est illustré aux pages suivantes:
le jardin de l'Eden, le Sri Lanka.

26 avril 1969, Talaimahnar au Sri Lanka vers Ramaweswar en Inde.
C'est le retour en Inde. Nous sommes sur le quai ferroviaire de Talaimahnar. Notre véhicule est hissé directement sur le cargo pour la courte traversée du Adam's Bridge avant d'être redéposé sur la plage de Rameswar.

27 avril 1969, Madurai.
Madurai.Madurai.Madurai.Madurai.Madurai
A Madurai les temples et les tours sont décorés avec profusions de détails et de coloris. Nous sommes dans le pays des Tamouls. Le temple Menakshi est entouré d'une dizaine de tours de forme pyramidale et l'intérieur est un fouilli indescriptible ou le sacré côtoie sans ménagement le civil. Le temple recueille, soi-disant, les dépouilles de Menakshi et d'une des réincarnations de Shiva, dont le sanctuaire nous est interdit d'accès puique nous sommes infidèles.
Rameswar .Madurai


28 avril 1969, Kovalam.
Notre passage à Trivandrum est l'objet d'une pénible aventure. Nous avons un léger accrochage avec un taxi local. Je sors de la voiture pour discuter avec le conducteur du véhicule, les choses s'enveniment lorsque je demande que les policiers soient appelés. Nous sommes alors promptement assailis par une meute de gens à l'air menacant qui s'en prennent à mon véhicule et qui le montent de sorte que paniqué, je rentre dans le véhicule et redémarre promptement laissant derrière nous une meute en colère prête à nous lyncher.
Ce soir-là, nous campons librement sur la plage de Kovalam.

29 avril 1969, fort Cochin.
Nous avons longé la cote du Kerala agrémentée de palmiers et de lagunes. Sur les canaux, on apercoit les barges et bateaux qui se déplacent de ville en ville et de maison en maison. Nous traverserons ainsi les villes de Trivandrum, Quilon, Alleppey, Cochin, Trichur avant d'atteindre la région des montagnes.
Mysore.Indore.Mysore
Fort Cochin a débuté comme port d'échange des épices. Les curiosités marquantes de Cochin sont les fameux filets chinois à l'embouchure du port menant à la mer d'Arabie.
Sur la côte de Malabar, les pêcheurs utilisent toujours pour la pêche, d'étranges structures de bambous qui leur permettent de soulever les filets.


30 avril 1969, Coonor.
Marie à Mahabalipuram
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1 mai 1969, Ootacamund.
Partant de Mettuppalaiyam nous grimpons jusqu'à Ootacamund et la vallée de Kaity, dans la station des monts Kotagir avant de redescendre sur Gudalur. La route monte à trevers les ghâts à plus de 2100 mètres d'altitude à travers plantations et forêts dans un climat étrangement agréable.
Avant d'arriver dans la région des montagnes, je prédisais à Marie que cette nuit, nous aurions froid. Elle était incrédule ne sachant pas que je connaissais l'existence de montagnes élevées. Après ces quelques semaines dans la chaleur intense de l'Inde, comment imaginer qu'il pourrait quelque part faire froid.

Cooty tel que prononcé par les Anglais qui dirigeaient alors les Indes à partir de ce lieu au climat tempéré agrémenté de golf et autres activités telles que la chasse. Nous sommes dans les montagnes Nilgiri.
Nous sommes installés dans notre camping-car, sur un terrain vague, il fait froid, nous frisonnons et nous décidons d'aller manger dans un restaurant chinois, pour nous réchauffer.

2 mai 1969, Mysore.
Ville jardin. Nous apercevons la colline dite la "déesse Chamundi". La ville est traversée par de larges avenues et des ronds points au centre desquels trônent des monuments. Elles sont bordées de palais dont le palais du Maharaja, le fort et le monument du Maharaja sur son "howdah", un pavillon d'or. Le "Bannimantap Maidan".

3 mai 1969, Bangalore.
Bangalore est un vaste jardin, des arbres centenaires, des pièces d'eau et des milliers de lotus flottant sur les étangs.
Bangalore est la capitale de l'est. Elles est onstruite autour du lac artificiel le Chawraj Sagar.
La colline de Nandi à peu de distance de la ville est un lieu de villégiature d'été à 1478 mètres d'altitudes.

4 au 6 mai 1969, Mahabalipuram.
Mahabalipuram est le port de mer d'ou sont partis les découvreurs hindous qui ont peuplé le sud-est asiatique. Il faisait partie de l'empire Pallavar dont la capitale était Kanchipuram. Les pagodes ont la forme de pyramides dont les murs sont ornés de sculptures, des rathas, décrivant la mythologiee hindoue.
Mahabalipuram.Mahabalipuram Il reste de cette époque, des grottes sculptées et le fameux temple du rivage qui baigne ses pieds dans l'eau.

Mahabalipuram

Mahabalipuram Sur les rochers environnants, plusieurs bas-reliefs dont le plus célèbre est celui représentant la "pénitence d'Arjouna".
Sur le Mahishasura Mandapan est décrite la lutte de la déesse Durga, à cheval sur un lion, contre le démon buffle Mahishasura.

Sur la plage, nous fraternisons avec de charmants enfants, une jeune fille tellement belle qu'elle ressemble à Brigite Bardot et un jeune homme audacieux qui nous offre le combat du serpent et de la belette.
Mahabalipuram.Mahabalipuram.Mahabalipuram

Kanchipuram est la ville aux 124 sanctuaires, elle est consacrée à Shiva et à Vichnou, l'une des sept ville saintes avec Hardwar, Ujjam, Bénarès, Mathura, Ayodhya, Dwarka.

7 au 9 mai 1969, Madras.
Nuit passée sur la plage de Madras, nous couchons la porte arrière ouverte pour plus de fraîcheur. Nous sommes souvent dérangés par des passants plus curieux que dangereux.

Nous entrons dans l'entrepot de la compagnie maritime ou un fonctionnaire nous attend, minuscule devant cet étalage hétéroclite et désordonné de paperasseries qui s'accumulent dangereusement derrière lui, et qui risquent à tout moment de l'ensevelir. Exemple parfait du fontionnaire cher à Kafka.

Nous passons notre dernière nuit à l'Hotel Jothy Lodge puisque l'auto est déjà sur le navire en vue de notre traversée vers la Malaisie.

10 au 19 mai 1969, bateau vers la Malaisie.
bateau ver la Malaisie
Longue traversée de Madras vers Singapore et la Malaisie. Le bateau est occupé majoritairement de voyageurs indiens. On nous présente des films indiens qui semblent plaire aux passagers locaux mais tout à fait insipides pour nos compagnons occidentaux, plus souvent australiens, qui ne comprennent rien ou ne veulent pas comprendre de ce type de cinéma fait de chants, de danses, de scènes d'amour pudiques et de grimaces, une sorte de "musical" à l'indienne. On apprend avec surprise que la production cinématographique indienne des studios de Bombay, "Bollywood", est plus importante que la production d'Hollywood.

16 mai 1969, Penang.
Un court arrêt à Penang nous permet un court apercu de cette île contigue à la Malaisie et qui meuble nos esprits d'aventures mystérieuses. Une île presque chinoise, les affiches sont en calligraphies chinoises, une ambiance époustoufflante qui nous ramène dans un autre monde. Nous visitons un étrange temple chinois laborieusement décoré. Puis nous rejoignons le bateau pour prendre la direction de Singapore que nous atteignons au matin du 19 mai 1969.



Marco Polo ou le voyage imaginaire (Voyages et photos de l'auteur, 1969) © 1999 Jean-Pierre Lapointe


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