Chroniques d'un voyage au Moyen-Orient en 1963-64.
Turquie.
(pour profiter au maximum du voyage, attendez patiemment l'éclosion des images et de la trame musicale)
31 décembre 1964, entrée en Turquie
Nous entrons en Turquie avec une certaine appréhension. Nous avons entendu des histoires sur les turcs tout le temps que nous avons passé en Grèce et l'on sait que les grecs n'ont pas d'affection particulière pour les turcs. Entre autres histoires lues dans un journal grec, "ce couple d'un pays scandinave qui campait dans une vallée et qui fut attaqué par des bergers. L'homme fut tué immédiatement, et la femme, court vêtue au moment du rapt, a du subir les violations répétitives d'une armée de bergers avant d'être également sacrifiée. La police ayant capturé les bergers quelques temps plus tard, les auraient assassinés sur place."
Bien que nous soyons réticents à attribuer quelque crédibilité aux exagérations grecques, nous sommes toutefois prudents et soucieux de ne pas froisser les susceptibilités locales. Ainsi, Marie et Okum doivent être vêtues de façon décente et nous devons tenter d'être amicaux avec la population.
Au poste de douane d'Edirne, nous devons entrer dans le bâtiment douanier. On nous offre le thé glacé que nous dégustons devant l'officier devant l'immense couteau qui repose sur la table entre lui et nous. Il ne s'est rien passé de désagréable bien que nous ayons été envahi par des cauchemars.
Selon la légende, on attribue la fondation de la ville à Oreste, le fils d’Agamemnon, qui lui donna le nom Orestiada. Une autre légende dit, qu’au milieu du confluent des trois fleuves que sont l’Ardiscos, le Tonsos et l’Hebros (Arda, Tunca et Meriç), vivaient les Nymphes appelées Orestiades, nom donné à l’endroit par la suite.
Plus vraisemblablement, la ville a été fondée par la tribu thrace des Odryses, qui lui ont laissé leur nom et qui en ont fait leur capitale. (Wikipedia)
Nous venons de quitter la Grèce et nous entrons en turquie par le poste frontière d'Edirne. Edirne est caractérisée par les deux magnifiques structures que sont le pont du complexe du Sultan Bayazit sur la rivière Tunca et par la mosquée qui est l'une des plus belles de Turquie. Au moment de notre visite, elle était en cours de rénovation.
1-4 janvier 1964, Istambul
Nous filons ensuite sur Istambul et nous sommes pris d'une certaine excitation à visiter enfin cette ville pleine de mystères. Nous l'approchons parmi le cafarnaum des rues, encombrées de véhicules hétéroclites, de passants indisciplinés et d'animaux libres ou portant de lourdes charges. Mais au loin, nous apercevons enfin les minarets des mosquées.
Nous trouvons un petit hotel tout près de la grande mosquée. La première nuit, nous serons brusquement réveillés par le gardien qui nous aura foutu la peur de notre vie en nous avisant tant bien que mal d'un incident à notre voiture laissée dans la cour de l'hotel. Nous croyons à un vol, mais il nous signale d'enlever nos baggages qui sont à la vue derrière le siège arrière de l'auto.
Pendant ces quelques jours dans Istambul, nous aurons l'occasion de visiter les principaux quartiers de la ville, ainsi que les monuments historiques. Nous circulons à pied et avons l'occasion de traverser le célèbre pont de Galata avec ses pêcheurs et vendeurs de poisson.
Dans les rues, nous sommes émus par les charges des porteurs, qui transportent des colis plus lourds que leur poids en les soutenant d'une lanière de cuir reposant sur leur front. C'est un système de transport de charges qui s'apparent à celui utilisé par les indiens du Canada.
Visite du Palais Topkapi, l'Aya Sofya, la mosquée bleue, le Grand Bazaar entre autres monuments.
Visite également d'un haut lieu de pèlerinage le long de la corne d'or. Visite également de palais le long du Bosphore et du musée archéologique Sofia.
Après ce court séjour dans l'excitante Istambul, nous prenons le traversier vers la rive asiatique du Bosphore. Nous aurons alors l'impression véritable d'être en Asie.
5-6 janvier 1964, Ankara.
Nous roulons en direction d'Ankara, la capitale de la Turquie telle que crée par le grand Ataturk. Nous avons atteint le plateau anatolien situé à plus de 1000 mètres d'altitude. La forêt est totalement dénudée de ses feuilles. Un paysage triste qui défile jusqu'aux faubourgs d'Ankara.
Notre première impression d'Ankara est étrange, c'est comme un immense village sans âme et qui contraste avec la beauté d'Istambul.
Lors de notre visite du monument à Ataturk, nous faisons connaissance avec une jeune fille turque qui s'impose comme gentille compagne durant notre séjour à Ankara.
Mustafa Kemal Atatürk est le fondateur et le premier président de la République turque.
Après la Première Guerre mondiale et l'occupation alliée de l'Empire ottoman, il se révolte contre le gouvernement impérial et crée un deuxième pouvoir politique à Ankara. C’est de cette ville qu’il mène la guerre contre les occupants à la tête de la résistance turque.
Il affirme une volonté farouche de rupture avec le passé impérial ottoman et proclame des réformes radicales pour son pays.
Il mettre un terme au sultanat le 1er novembre 1922. Il instaure de la sorte une séparation entre le pouvoir politique et spirituel.
Après la proclamation de la République, il déplace la capitale d’Istanbul à Ankara et il occidentalise le pays à travers plusieurs réformes.
(Wikipedia)
Les Hittites sont un peuple rattaché aux Indo-européens, ils envahirent l'Asie Mineure et soumirent le peuple autochtone, les Hattis, au XXVIe siècle av. J.-C.. Ils empruntèrent à ceux-ci différents dieux, mythes et rites. De ce mélange naquit une civilisation florissante, qui perdura jusqu'au VIIIe siècle av. J.-C.. Outre sa grande puissance militaire, la civilisation hittite semble avoir été d'une grande tolérance, aussi bien religieuse que sociale. De nouvelles migrations indo-européennes, comme celle des Phrygiens, puis la montée en puissance de l'Assyrie sonnèrent néanmoins le glas de cet empire. (Wikipedia)
Nous profitons de notre séjour pour visiter le musée des Hittites. Nous sommes enthousiasmés par la beauté des artefacts de la culture antique des hittites. Nous rencontrons le directeur du musée, il nous introduit à la culture hittite et nous laisse des photos de certaines des pièces exposées au musée.
8 janvier 1964, Kaiseri.
Nous traversons la ville de Kaiseri sans s'arrêter étant anxieux de voir la célèbre vallée de Göreme.
7 janvier 1964, Urgup, Göreme et Nevsehir.
Nous approchons de la vallée de Göreme que déjà les villages qui se succèdent nous font sentir l'étrangeté qui nous attend au détour de la route, un paysage fantomatique, une vallée parsemée d'étranges formations qui nous semblent vivantes. Nous descendons dans la vallée anxieux de faire connaissance avec ces étranges formations. Un guide s'offre à nous faire parcourir les grottes les plus significatives qui sont sculptées en forme d'église, de monastères, de résidences et pour autant de fonctions qu'une ville puisse supporter puisqu'une ville souterraine git là sous nos pieds.
Les grottes sont en partie occupées par les habitants et c'est la cas de notre guide qui nous fait visiter, Marie, Okum et moi, sa demeure sculptée dans la roche.
Göreme est une ville de Turquie située dans la région de la Cappadoce. Dans un paysage saisissant modelé par l'érosion, la vallée de Göreme et ses environs abritent des sanctuaires rupestres, témoignages de l'art byzantin de la période post-iconoclaste, ainsi que des habitations, des villages troglodytiques et des villes souterraines, vestiges d'un habitat humain traditionnel dont les débuts remontent au IVe siècle.
(Wikipedia)
Nous poursuivons notre route en direction de Konya et passons le village d'Urgup dont les résidences s'étalent au pied d'étranges formations rocheuses.
Nous nous arrêtons à Nevsehir pour le rapas du midi et comme c'est quelques fois le cas, nous entrons dans une taverna. Ce sont les restaurants locaux, qui ne paient pas de mine et qui sont occupés exclusivement par les hommes. C'est toujours l'émoi chez les locataires des lieux lorsqu'ils me voient entrer accompagné de ces magnifiques jeunes femmes occidentales que sont Marie et Okum. Ils nous accueillent avec civilité, se lèvent, s'offrent à nous aider, et sans connaître la langue, nous choisissons dans les vastes contenants qui contiennent le repas du jour, ce qui nous semble le plus appétissant.
Ce midi, nous mangeons un excellent repas accompagné de yogourt.
9 janvier 1964: Konya.
Konya est une ville sainte, très attachée aux valeurs traditionnelles.
D’après une ancienne légende Phrygienne, Konya est la première ville qui émergea après la Déluge. On a trouvé sur la colline d’Alaeddin à Konya des traces d’habitations de l’Age du bronze moyen. Hittites, Phrygiens, Lydiens et Perses se sont succédés dans la région qui passa finalement sous la domination romaine en 17 ap. JC.
L’ancienne Iconium romaine et byzantine ( du mot grec signifiant image, à cause de la tête Méduse qui ornait autrefois les remparts de la ville ). Au Ier siècle ap. J.C. Konya devint le champ d’action apostolique de saint Paul et saint Barnabé. Saint Paul visita plusieurs fois l’Iconium.
Konya fut envahie plusieurs fois par les Arabes entre le VIIIe et le Xe siècles et puis par les Croisés en 1097. Les Turcs Seldjoukides la choisissent comme leur capital en 1134. Elle connut alors son apogée et se couvrit de beaux monuments. Au début du 13e siècle, Konya fut le berceau du soufisme et de l’ordre des derviches tourneurs fondé par Mevlana.
Je dépose Marie et Okum sur une rue achanlandée de Konya et je m'empresse d'aller vider au loin, hors de la ville, cette diarhée qui me vient sans doute de cet excellent repas de la veille. C'est la récompense qui nous attend de manger dans ces lieux pas toujours hygiéniques.
Je récupère assez vite pour retrouver mes femmes et arpenter les rues animées de Konya s'arrêtant ici et là dans une boutique ou devant une Médressa ou une Mosquée.
Les monuments: la mosquée Alaaddin, la medressa Karatay, la medressa Ince Minare, le musée archéologique de Konya,
la rue principale Alaaddin caddesi, bordée de magasins de tapis et articles religieux.
10 janvier 1964: Silifke, Erdemli.
Quelques heures de route dans la montagne nous séparent de la mer Méditerranée. C'est avec joie que nous l'atteignons à Silifke. Nous en profitons pour flaner et farniente dans les ruines qui longent la côte avant de reprendre la route en direction d'Antakya, l'ancienne Antioche, via la ville d'Erdemli et de Mersin.
Autour et dans Erdemli (Akkale, Imirzeli, Çatroren, Okuzlu) les ruines de bâtiments bysantins, des palais et des bains, les ruines d'une ancienne cité Thrace, un temple dédié à Hermes ainsi qu'une nécropole.
Le district d'Erdemli s'étend en une large plaine le long de la côte méditaranéenne de la province rurale de Mersin jusqu'aux promontoires des monts Taurus ou s'étend une immense forêt.
Silifke est l'antique Seleucia (Latin: Seleucia ad Calycadnum).
Cilicia était une province romaine et Seluecia devint un centre religieux avec le célèbre temple du 2ème siècle dédié à Jupiter. C'était aussi le site d'une célèbre école de phylosophie et de littérature, le lieu de naissance des péripatéciens Athenæus and Xenarchus. Le pont de pierre fut bâti par le gouverneur L.Octavius Memor en 77 AC. Autour de 300 AC, Isauria fut établie comme un état indépendant avec comme capitale, Seleucia.
La ville de Silifke possède les ruines anciennes suivantes: les vestiges d'un chateau sur un promontoire rocheux, les murailles de la ville, un réservoir d'eau creusé dans le roc et une nécropole creusée dans le roc solide.
(Wikipedia)
10 janvier 1964: Mersin.
Dès notre arrivée dans Mersin, nous sommes abordés par un jeune homme assez beau et volubile pour que Marie et Okum le prennent en affection. Il s'offre à nous trouver un petit hotel pour la nuit. Il nous amène en face d'un petit hotel et il nous quitte pour revenir après quelques minutes pour nous proposer de le suivre à l'intérieur. Nous passerons la nuit à cet endroit tenu par un étrange bonhomme qui fume continuellement son narguilé et qui agit comme un prince, servi qu'il est par des employés dociles.
Pour faire plaisir à notre jeune compagnon, nous paieront notre chambre le double du prix que nous payons habituellement. Nous soupçonnons alors que le jeune homme a eu droit a une commission. Nous ne nous plaignons pas trop pour cette fois ayant pu profiter d'un bon bain chaud gracieusement offert par notre hôte, heureux sans doute de rencontrer de jeunes aventuriers en cette période hors de la saison touristique.
Lorsqu'habituellement, nous négocions le prix de nos chambres d'hotel, nous marchandons en utilisant un crayon et un papier pour négocier un prix qui nous est favorable et nous arrivons toujours à des prix compétitifs en deça des prix habituels et qui ne viennent pas greffer nos économies. Nous ne payons jamais plus de $1.00 la nuitée. Nous prenons donc la résolution de ne plus accepter d'intermédiaire même si cet intermédiaire est un beau parleur ce qui est généralement le cas.
11 janvier 1964: Antakya.
Nous avons enfin atteint le bout de la route en Turquie, la ville d'Antakya avant de passer la frontière vers la Syrie.
Antalya est une grande ville touristique du Sud de la Turquie dans la préfecture de la province du même nom. La vieille ville d'Antalya, Kaleici, s'allonge au flanc d'une falaise abrupte en contrebas de laquelle se niche un ancien port, aujourd'hui port de plaisance moderne. Depuis sa fondation en 150 av. J.-C. par Attale II, roi de Pergame, qui l'appela Attaleia (Attalie), la ville a toujours été habitée. C'est l'ancienne Antioche des chrétiens. Les Romains, les Byzantins et les Seldjoukides occupèrent la ville avant qu'elle ne tombe sous la loi ottomane. Antalya était connue durant le Moyen Âge sous le nom de Satalieh.
(Wikipedia)
En parcourant les vieilles rues da l'ancienne Antioche, Marie fait connaissance avec des gens dont un jeune homme fier de poser avec elle.